15 Avril 2007

Cher Luc,

Ce n’est qu’un début! était le mot-de-passe de 68, de cette énième révolution avortée. Bien que ça ne représente que le souvenir assez effacé de certaines illusions de jeunesse, il serait grand temps de lui redonner – sur un autre plan, bien sûr – son sens perdu.

On vient donc d’apprendre le ‘départ’ de Satprem.

La seule chose que l’on puisse sensément dire ou faire, c’est de souhaiter à son âme de trouver cette paix que sa personne ne semblait pas avoir trouvée sur terre. Je veux croire que son âme regarde maintenant avec un peu de compassion et d’amour cette pauvre humanité que nous sommes, et que sa vie durant il avait tant méprisé.
Cela dit, il faut regarder et aller en avant. Mais en avant où??

Le Chemin est ‘sans chemin’… Mère l’a répété tant de fois. Jusqu’à ses toutes dernières entrevues avec S., Elle disait: “Nous ne savons rien, mon petit!”. Et alors?

Et alors et pourtant, il faut bien marcher… quelque part.

Pour ce qui me concerne, je crois que c’est dans le sens de la formidable occasion que S. nous a donné. Dans ma longue lettre précédente, je parlais à ce propos de séduction. Or ne serait-on pas obligé – une fois la séduction démasquée – de démasquer POURQUOI (après le comment) a-t-on eu si grand besoin d’être séduit?? C’est en effet par là que commencerait le long-long-long chemin de la liberté. Et la liberté, ce n’est justement que le début.

Pourquoi les hommes (à presqu’aucune exception) ont tellement besoin de se mettre dans les mains de la personnalité carismatique la plus à portée de leur main, au lieu de se mettre dans les mains de cet invisible Divin?
Pourquoi a-t-on tant soif d’adorer, au lieu de devenir?

C’est là la source de toutes ces religions qui ont été de leur temps indispensables, peut-être, mais qui sont maintenant en train de précipiter le monde dans les ruines de leurs irréfutables ‘vérités’ opposées. Si quelqu’un a encore besoin d’une Trinité (Saint-Père/Sainte-Mère/Saint-Frère), c’est son affaire. Mais ceux qui ont soif de liberté (+ égalité et fraternité à venir)??

Mais là c’est un travail, pénible parfois, que chacun ne peut faire que sur soi-même.

Ne ratons pas l’occasion que nos échecs ou enfantillages passés nous offrent maintenant.

Bien avec toi dans ce début de chemin…

Boni.